KERGUELEN : On dirait le sud....

09 août 2014

Je n'reconnais plus personne en Harley Davidson... (Serge GAINSBOURG)

Passage de la rivière ChâteauDe temps en temps il faut bien ravitailler les cabanes, faire quelques travaux rapporter les poubelles etc, etc, etc.... Alors pour nous ce ne sera même pas en Massey FERGUSSON, mais en John DEERE que nous partirons faire cette manipe log. Deux tracteurs et quatre manipeurs pour aller faire le plein des cabanes Morne et Ratmanoff. Toute une expédition pour environ 60 heures hors de la base. Ce temps est divisé en trois parts équivalentes : 20 heures pour les cabanes, 20 heures pour les repas et le repos et enfin 20 heures pour les transits. Denise, la petite marie (entendez, personnel de salle), Antoine, « l'instrum » celui qui s'occupe de toute l'électronique, Gilles, le Géner, le responsable de la log pour l'IPEV forment le reste de l'équipe.

Avec AntoinePour sAvec Gillesavoir ce qu'est une manipe log, il faut la vivre. Il faut surtout vivre ces 20 heures de tracteur sans amortisseurs, sans chauffage, pour l'un d'eux, sans place pour le passager. Juste un petit coin de cabine derrière le siège du conducteur où on tente de se caler, un bout de mousse glissé sous les fesses et qui s'échappe à chaque sursaut. Des sursauts il y en a tout le temps.

Le convoiPour le deuxième tracteur c'est un peu mieux. D'abord la cabine est en principe chauffée. Cela n'empêchera pas d'avoir les pieds gelés pendant tout le trajet. Puis ce tracteur possède un strapontin à côté du chauffeur. Placé très  en avant (il n'y a pas d'autres places), les genoux repliés et les pieds bloqués sur la vitre avant, on tente de se maintenir en place grâce à la poignée placée juste au dessus.  C'est la partie la moins agréable de ce genre de manipe, pourtant si importante pour les VSC et les scientifiques qui occupent ces cabanes. Il faut compter un peu plus de 8 heures pour aller et autant pour le retour et tout ça pour une trentaine de kilomètres. Vivre à Kerguelen implique d'accepter ce genre de situation et nous le faisons sans (trop) nous plaindre.

DPrise d'eauaUne touque ! Une !ns le remorque, qui répond au doux nom de : « La Périlleuse », des bouteilles de gaz, pour les gazinières et le chauffage, des matelas, venant remplacés ceux pris pour maison par des souris frileuses, une gazinière neuve, des outils pour les travaux sur place, de la nourriture pour refaire les stocks dans les cabanes, des pharmacies préparées par le Médecin et surtout de l'eau, des touques d'eau.

Avec le sourire.COn fait le plein...haque touque contient une quarantaine de litres. En tout nous remplirons les cuves de Pointe Morne et Ratmanoff guetteur avec environ 1000 litres d'eau soit 25 touques. Avec ce ravitaillement les cabanes sont reparties pour au moins deux à trois mois en autonomie, ce qui veut dire qu'il faudra renouveler l'opération plusieurs fois pas an. Nous nous servons du captage d'eau qui se trouve à Estacade, une cabane située à un quart d'heure de Ratmanoff. Deux voyages seront nécessaires pour nos 25 touques. Avec les autres menus travaux, ces allers retours seront réalisés pendant notre journée sur place. Tout ce qui devait être fait a été fait, le contrat est rempli on peut maintenant admirer la nature qui nous entoure et prendre un peu de temps avec les manipeurs présents sur le site pour passer des petits moments de convivialité.

Cabane GuetteurRoyaux...Wouaouh !On ne s'en prive pas. Derniers regards, dernières photos de cet endroit fantastique. À la cabane Manchot, qui se situe à un quart d'heure de marche, Denise nous prépare d'excellents repas que nous prendrons tous ensemble. Antoine, Gilles et Florian (un ornitho) partent pêcher juste derrière la cabane. Il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour attraper de belles truites. Le soir nous traînons un peu à table et les discussions s'enchaînent. Elles sont agréables avec toujours une pointe d'humour. On ri, on taquine, ce sont des bons moments de vies partagés,  c'est la vie en cabane, mais CHUT ! « Ce qui se passe en cabane, reste en cabane », ici c'est la règle pour tous et soyez sûr que nous allons la respecter encore une fois. Adieu Rat' !
Où est Charly ? Adieu Rat'

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06 juillet 2014

Moi vouloir être chat... (POW WOW)

l'équipe

Il suffit de s'inscrire, donner son nom, son accord et c'est tout. En cette fin de mission et pendant l'hiver austral, les manipeurs sont un peu moins nombreux. Pointe Morne, n'est pas non plus la plus attractive des destinations. J'y suis allé plusieurs fois, soit pour des transits pour me rendre à Ratmanoff, soit pour des manipes, dont la première avec Nory et Romain pour le suivi des bonbons. J'y retourne aujourd'hui avec le PopChat et le Géner. Allez, j'explique : le PopChat est un Volontaire du Service Civique, embauché pour effectuer le suivi du chat Haret sur le district de Kerguelen. Le « Pop » signifiant bien sûr population. Chaton, pendant la passation de consignes qui durent un bon mois, il devient le PopChat pour toute la mission. Sauf que notre Fabien, malgré son palmarès de captures digne d'un Davy Crocket et d'un Buffalo Bill rassemblés (le nombre de ses captures est éloquent) a gardé le

En hiver

surnom de : « Chaton ». Allez savoir pourquoi ? Le Géner (ou généraliste) est également un VSC, recruté par l'I.P.E.V pour s'occuper des différents programmes scientifiques et assurer toute la logistique nécessaire à leur déroulement optimum. Pour la mission 64 ce sera Gilles dit : « Gilou » qui s'y collera. À peine 25 ans et déjà une belle expérience, avec un sérieux et un sens des responsabilités bien aiguisés.

Le départ se fait le matin dès les premières lueurs du jour. Comme d'habitude il faudra près de 3h00 pour arriver à la cabane. Après un léger repas, nous attaquons de suite la manipe. Gilou et moi-même chargeons les cages sur nos clés de portage et allons les installer dans les endroits susceptibles de piéger des chats. J'apprends un nouveau mot 'TAAFien' : « le touradon », espèce d'endroit avec quelques monticules de terres où les chats aiment chasser et vivre. Avec nous, Fabien tente de tirer

Touradons

Piège à chats

quelques BLO (Bêtes à Longues Oreilles), pour appâter. La chasse s'avère difficile, les balles certainement qui ne donnent pas satisfaction, mais aussi la météo mauvaise ce jour. On arrive tout de même à avoir 4 proies qui nous permettent de mettre en œuvre nos premiers pièges. On recommence le lendemain afin de déployer sur un large territoire toutes nos cages. En tout ce seront 16 cages qu'il faudra visiter tous les jours. Ces fameuses cages qu'on est content de déposer, parce qu'elles sont

Tour des cages

assez lourdes et ont une prise au vent terrible. Elles ressemblent à des tunnels grillagés de dimension respectable (l : 30cm ; h : 30cm ; L : 1m), avec une porte à chaque extrémité, maintenue par un dispositif instable. L'appât est bloqué au milieu de la cage à l'autre bout du dispositif. Le chat qui souhaite prendre ce repas facile est alors obligé d'actionner le déclencheur. Les deux portes se rabattent instantanément, piégeant l'affamé et imprudent félin.

Ce seront 10 chats seulement que nous piègerons. C'est un bon score, pour cette saison avec cette météo, nous dit Fabien. On aurait préféré en prendre plus, on s'en contentera. Tous ces animaux ont des noms, plus ou moins évocateurs. Pour en citer quelques uns nous avons des chats: « Bada bada, Lumot, Loupe,... » nous avons aussi de chats : « Espionne, Solène, Mike Tison,... » et j'en passe et des meilleures. Ils font entre 1kg et plus de 5 à 6 kg (Mike Tison a pesé jusqu'à 5,7kg). Fabien est sur le

Mike Tison

Avec le sourire

Gilles à la dictée

district depuis 6 mois et on a vraiment l'impression qu'il les connaît tous. Dès qu'il se rapproche de la cage il peut presque sans se tromper donner le nom du chat. Plus de 1000 chats ont ainsi été capturés 

Radiant

depuis le début du programme en 1996 et on estime entre 7 000 et 10 000 le nombre total sur le district. La capture faite, le travail commence. Il faut récupérer l'animal dans un sac puis on le ramène à la cabane où une série de prélèvements et de mesures sont effectués. Ce travail dure une grosse demi heure par chats, avant de libérer l'animal. Puis, il faudra entrer toutes les données sur ordinateur afin de pouvoir faire ce fameux suivi qui permettra certainement de réguler la population de cet animal introduit par l'homme.

Autant dire que les journées sont longues et que le soir les veillées sont réduites au strict minimum, tout le monde voulant se reposer dans son duvet, après s'être réchauffer auprès du radiant si précieux en cette saison. De retour à la base nous attendrons maintenant la fête des chats qui, comme chacun le sait, se situe le 15 août exactement à la MIAOU....

Vent et neige

 

Je pense à vous.

 

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14 juin 2014

A poil, tout le monde à poil !... (Pierre PERRET)

P1040416

Un mois de mai riche en émotions, avec notre navigateur solitaire qui prend le large et qui nous donne de belles frayeurs (il est enfin arrivé à Fremantle, Port de PERTH, AUSTRALIE), mais aussi le départ de notre sympathique Bibou, Benjamin, parti remplacer au pied levé la Bib de CROZET, blessée au bras lors d'une manip. Un hivernage qui s'installe, avec le rythme qui baisse en même temps que la durée du jour et on laisse filer les nouvelles sur le blog. "Allons ! il faut se reprendre monsieur le Disker." Et bien d'accord, avec pour commencer un billet qui décoiffe...

Rien d'anormal, qu'il soit noir, blanc, jaune, on en a même vu des verts, des rouges et des oranges, le poil est ici un attribut particulier. Qu'il se porte ras, long, très long, dru ou naissant, il est présent et en devient une source de conversations, de défis, de paris quelquefois.

L'ami Renaud...

Ce n'est pas nouveau, depuis toujours les hivernants ont entretenu un lien étroit avec leur pilosité. En rasant les murs de l'escalier de Totoche et en parcourant les photos de missions qui coiffent les murs, on s'aperçoit que la pratique de la bouclette et du collier mal taillé font parties de la panoplie de l'hivernant.

Mouahahahahaha !!!Un célèbre participant à la ronde des hivernages répondant au doux prénom de Renaud, s'était déjà laissé envahir par une toison aussi épaisse que longue. Son retour au pays avait alors était accueilli pas des : « Oh ! Ah ! Et même des Gast, ma doué béniguet !.... » et quelques autres onomatopées toutes aussi admiratives qu’effrayées. Plusieurs générations après, la simple évocation du personnage en question entraîne chez les manchots papous, des réactions bizarres avec pour certains des rires à gorges déployées, tandis que d'autres se terrent certainement traumatisés par toutes ces extravagances capillaires.

Tatoo...

Oh, la belle rose !

Lorsqu'on questionne les protagonnistes, les commentaires sur cette pratique sont sans appels : « Parce que ! », d'autres sont plus pragmatiques : « Ben ça tient chaud pardi ! » ou plus scientifiques : « ça repose la peau, c'est évident », nous avons également les tenants des traditions : « c'était déjà comme ça à l'époque... », les indécis : « ben ch'ais pas moi, c'est machin qui m'a dit. », les gourmands : « ma femme adore ! », les précieux : « je me trouve tellement plus beau »... J'en oublie certainement mais on le voit, nous sommes en présence d'autant d'avis, que de cheveux balayés dans un salon de

Palin-PalinOh, la belle bleueCrête ou crète...

coiffure.

Démêler toutes ces opinions défrisent le commun des mortels c'est pour cela que sans vouloir être rasoir et sans couper les cheveux en quatre, on le voit bien et disons le tout net : le poil ici c'est sacré !

à zéro...

Version moine

Il faut d'ailleurs savoir lire les articles d'ethnologie écrits sur le sujet. La plupart de ces billets qui datent maintenant de plusieurs années paraissent forts exagérés, je dirais même « capillotractés ». Il paraîtrait que laisser pousser le poil évite de se crêper le chignon et seul un peigne fin pourrait classifier les différentes motivations permettant ainsi de brosser un portrait robot de l'hivernant Lambda. Yves DAVID, VSC de la Réserve Naturelle et surtout fils de qui vous savez (Jean-Louis, célèbre coiffeur), semble d'accord avec cette fine analyse de salon de coiffure. Analyse qui n'a d'ailleurs ni queue (de cheval), ni tête (de gondole de fers à friser).

Est-ce raisonnable ?

Quant au Disker me direz vous, qu'en pense-t-il ?

Pour lui c'est très clair, dès le matin en sortant de sa couette et sans s'tresse, recoiffant sa moustache,  il répond sans hésitation : «  Pouce ! » ou plutôt.... « Pousse ! »

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06 mai 2014

Maman, les p'tits bateaux... (Comptine)

Arrivée

Le 08 avril à 19h00, à la VHF, j'entends : « Disker, Disker de 13 BEAUFORT... ». Le voilier annoncé, un CONTEST de 43 pieds pointe son étrave au large de l'îlot Channer. Le skipper demande des informations sur le point de mouillage. On le comprend, il fait nuit noire et on n'y voit absolument rien. Tout d'abord guidé par ma lampe frontale qui clignote et qu'il aperçoit, on le guide vers le coffre de « LA CURIEUSE », aidé par Lova, le bosco qui connaît parfaitement l'endroit. Nous vivons là, notre première anecdote, drôle, d'autres le seront moins, mais nous ne le savons pas encore.

Alors qu'il dépasse le coffre sans le voir, on ne s'affole pas, on sait qu'il y de l'eau derrière et on lui demande de faire 180°, puis de repartir en réduisant son allure. Guy le skipper qui parle très bien le français, fait la manœuvre et tombe sur le mouillage, vient s’amarrer et nous remercie grandement pour

A terre

l'aide. Puis dans un français parfait, avec seulement un petit accent anglais, nous dit : « Excusez moi Disker, c'est quoi le coffre ??? ». Il ne connaît pas le sens de ce mot et nous n'avons fait que l'employer depuis un bon quart d'heure pour le guider. Avec Lova et les quelques personnes présentes nous rions vraiment de bon cœur.

Guy ne débarquera que le lendemain matin, avec le sourire qui ne le quittera quasiment jamais même dans les moments difficiles que nous vivrons plus tard. L'escale de 3 jours se passe formidablement bien. Il visite la base, va à l'anse des pachas avec Yves, de la réserve. Il organise une petite virée en bateau pour quelques privilégiés, dont je fais partie. J'avoue que c'était une journée formidable avec des conditions météos favorables qui nous permettront de faire le tour du golfe et de rentrer avec un feu d'artifice de dauphins de Commerson qui resteront jouer avec l'étrave pendant plus d'une heure.

tempête

Echouage

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et le départ approche. Avec lui deux belles tempêtes qui arrivent sur PAF et qui vont se succéder à un jour d'intervalle. La décision est prise par le skipper de les laisser passer. Malheureusement, pendant la nuit du second coup de vent, rien ne résiste à cette prodigieuse et puissante tempête et notre voilier se retrouve échoué, ensablé en fond de baie, avec un joli trou dans son étrave.

travail fut1

C'est un coup dur pour tout le monde, heureusement la solidarité va jouer à plein. Dès les premiers jours des tentatives de désensablement débutent. La manœuvre consiste à bloquer des futs de 200 litres et toutes les bouées possibles pour gagner en flottabilité et faire avancer le bateau sur les marées hautes. Nous parvenons à faire avancer le voilier d'une dizaine de mètres, mais une tempête, nous fait reculer d'autant et les coefficients de marée chutent. Il faut se résoudre à attendre la prochaine marée, dans 15 jours. Pendant ce temps, Guy,avec l'aide de "Nico du garage", tentent de réparer la propulsion, tandis que Lova, notre Bosco s'occupe de reboucher l'étrave avec des couches de fibres de verres et de la résine époxy.

Pelle côté bateau. Photo de Grégory TRAN.

Pelle devant bateau

Les leçons de nos premières tentatives sont comprises et nous changeons de stratégie. Nous allons creuser un chenal et faire en sorte que le bateau ne recule plus. Pour cela Romain, notre chef Infra viendra à chaque marée basse creuser autour et devant le bateau. Lova notre bosco se charge de placer des ancres solides pour amarrer le voilier. Les autres gars donnent des coups de mains, en coupant les algues sur les bouts ou les chaines, déplaçant les ancres, dégageant la quille (quand ils le peuvent).... À la première marée nous avançons seulement d'une dizaine de mètres. Qu'importe, nous ne reculons plus et la suivante c'est près de 35 mètres que nous gagnons. Enfin dans la nuit du 30 avril au 01 mai, le bateau flotte pour la première fois depuis presqu'un mois. Il rejoindra le mouillage du chaland à 3h00 du matin. Fatigués mais heureux d'avoir réussi, malgré le

L'équipe

vent, le froid, la pluie, le sable, les algues.... Les sourires sont sur toutes les lèvres. On fêtera dignement cette belle victoire le soir à Totoche. Le champagne sera offert par Guy le skipper à toute la mission, rassemblée pour la circonstance.

Lundi 05 mai, Guy est sur son bateau, à quai. Toutes les opérations pour son départ ont été réalisées. Il décide de partir vers PERTH en AUSTRALIE. La mission 64 est sur le quai. Moins de 4 heures plus tard, Guy appelle à la VHF : « Je suis au large de Pointe Suzanne, à l’extérieur du golfe du Morbihan. Tout va très bien. Merci encore à vous tous ».

Péparatifs

Départ

 

Déjà loin

 

 

 

 

 

Au revoir Guy, bon vent, belle mer et donne des nouvelles l'ami.

 

 

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09 avril 2014

Comme un ouragan... (Stef de MONAC)

Fillod Ex sport-K100

Monsieur Fillod, Ferdinand de son petit nom est né dans le Jura (Saint Amour) en 1891. Cet ingénieux chaudronnier, pour palier au manque de logements d'après guerre (14/18), se lance dans la construction métallique. Ce matériau étant abondant dans la région, il l'exploite intelligemment et ouvre des perspectives innovantes par des nouvelles techniques de construction. Il ira jusqu'à construire plus d'un million de mètres carrés de salles de classes, répondant ainsi à l'appel d'offre de l'Education Nationale pour répondre à la pénurie d'établissements scolaires et à l'accroissement important des effectifs. Son usine qui comptera jusqu'à 900 employés, fermera ses portes seulement en 1986, soit 30 ans après sa mort.

En cours-K100

Ici, à KERGUELEN, dès qu'on en parle on voit très bien de quoi il s'agit. Elles sont là depuis plusieurs dizaines d'années, ont rendu des tonnes de services. Les Fillods font partie du paysage. Fillod, peut être un mot qui ne vous dit rien. Pourtant on en a tous vu. Des espèces de baraques de chantiers en acier, qui pouvaient se monter en quelques jours. Elles étaient modulables et leurs tailles pouvaient s'ajuster à l'utilisation souhaitée. Alors bien sur, les TAAF ont bien compris l'intérêt de tels bâtiments et les districts ont été équipés très rapidement. À Port Aux Français, il en reste une dizaine, plus ou moins bien conservées. L'acier tient encore moins longtemps ici, qu'ailleurs.

Chantier en cours-K100

Ces constructions ont servi à tout. Bâtiments de vie, laboratoires, lieux de stockage, ateliers. Leur modularité et leur facilité de construction permettaient de régler les problèmes de logements rapidement et à moindre frais.

Aujourd'hui, elles sont toutes endommagées par le temps, la pluie le vent, la neige. La rouille, ennemi de l'acier, a accompli son œuvre et il est temps de les démanteler et de passer à d'autres constructions avec des matériaux et des techniques plus récents.

Dentelle1-K100

Dentelle2-K100

La plupart des plaques sont percées, les longerons sont rouillés jusqu'au cœur. Le toit ressemble à de la dentelle. Il est temps de faire quelque chose.

C'est un des grands défis de la mission 64. Les Fillods qui ne servent plus doivent être détruites. Les déchets doivent être rapatriés.

Une équipe est dédiée à ce travail. Ce travail consiste à meuler les attaches des plaques puis démonter une à une les plaques. Elles sont au nombre de sept entre chaque longeron : Deux cotés, inclinés, deux pentes pour le toit, deux plaques courbées reliant le côté à la pente du toit et enfin la dernière le chapeau tout en haut de l'édifice.

Déchets-K100

Chantier fini-K100

Une fois les attaches meulées, c'est un vrai légo. Les Fillods se démontent aussi facilement qu'elles se montent. Il faudra encore couper les longerons. Ils serviront ensuite pour faire des fagots de tôles, entreposés au hall transit et qui attendront patiemment l'OP2. Ils seront enfin dégagés vers LA REUNION, destination finale.

Une grosse semaine aura suffit à nos deux compagnons pour achever la première Fillod. Démontage, stockage des déchets, nettoyage, il ne reste plus que la dalle béton à l'emplacement de l'ancienne salle de sport.

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Les anciens passent devant et se rappellent les heures de musculation ou de vélo d'appartement passées dans cette salle. Pas de problème, la nouvelle salle de sport est bien plus belle et bien mieux équipée. C'est une autre époque qui commence.

Demain on attaque la B6, certains se souviendront des travaux effectués dans ce bâtiment. On espère que la météo nous laissera encore une ou deux semaines de répit pour terminer ce chantier, puis ce sera à la nouvelle mission de continuer ce démantèlement. Il faudra plusieurs années pour tout nettoyer et clore définitivement le dossier Fillod. D'autres défis seront alors à relever, c'est sur.

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30 mars 2014

Et on démarre une autre histoire... (Gérard BLANC) pour Fanny, 24 ans.

Ensemble. Mission 64

Un signe

Base propre

Un éternel recommencement, avec les mêmes agitations, les mêmes interrogations, avec aussi plus d'expérience et de sérénité dans la préparation. On « sait faire » maintenant. Ce sera notre quatrième OP si on compte celle de fin de campagne d'été (OP0).

Rangement

Balais d'enginsLes NIM (Numéro d'Immatriculation Matériel) ou encore demande d'export de matériels ont été envoyés. Les manifestes, listings, des opérations portuaires et de l'hélicoptère sont rédigés. Le Marion DUFRESNE vient de pointer son nez dans la Passe Royale à l'entrée du golfe du Morbihan. Il est midi, l'OP1 débute. L'OPEA est un habitué des rotations. C'est lui qui, du bateau, va gérer l'ensemble

Retour à l'envoyeur

des opérations. Sur base nous allons tous essayer de nous adapter aux demandes et notre réactivité sera le gage d'une OP réussie. Des tonnes de vivres d'abord et de matériels vont descendre du bateau. Le chaland fera une bonne partie du transfert déchargeant les cales pour les remplir de containers et autre big- bags rentrant à LA REUNION. L'hélicoptère, plus rapide, permettra de descendre les charges moins lourdes, notamment les frais tant attendu par les hivernants.

Ici DZ, j'écoute...

Cette fois le Préfet est présent. C'est lui qui prend le premier hélicoptère et comme d'habitude il accompagne la dépêche postale que nous attendons également. Peut-être une lettre, un colis, on regarde tous Alain notre GP, qui va trier les sacs et nous donner la bonne nouvelle. Puis ce sont les infras et l'équipe de cuisine qui suivent rapidement. Pour cette première demi journée on les accueille et ils prennent le temps de retrouver leurs repères, mais dès demain matin ils seront au travail. Pour la plupart pas de souci, ils connaissent le territoire et les différents lieux de la base. Il y aussi les scientifiques et les inter-districts que nous inviterons sur base. En tout 45 passagers viendront partager notre quotidien pendant les trois jours qui suivent. En rajoutant nos campagnards et hivernants nous nous retrouvons à 110 sur base. Le Marion nous délivrera quand à lui un peu plus de 500 m3 de gasoil, afin d'alimenter la base et quelques bateaux de pêche.

Discours

Merci l'ami...

Cette OP est particulière et même très particulière d'abord c'est le départ en retraite de Francis le chef cuisine. Après 19 missions dans les terres australes, il tire sa révérence avec l'humilité et la gentillesse qui le caractérisent. On ne va pas le laisser partir comme ça, alors, après le discours du Préfet, on lui fait sa fête et on lui remplit les bras de cadeaux. Un ordinateur portable pour remplacer celui qui vient de lâcher et puis un manteau bien chaud avec évidement les logos de la mission et sur le bras les coordonnées GPS de Port Aux Français. Il partira par le dernier hélicoptère et le pilote lui fera faire une ultime survol de la base, avant de venir nous dire au revoir. Salut l'ami, bon vent, belle mer à toi Francis et donne des nouvelles !

Grand pavois

Ce départ n'est pas le seul. Le chaland, notre Aventure II nous quitte également et pas n'importe comment. Le bateau va être hissé sur le pont du Marion DUFRESNE. Il reviendra dans 5 mois après l'arrêt technique indispensable à son entretien. La manœuvre est connue mais la voir est rare. C'est tous les 5 ans quelle se produit. Le bosco aidé de son mécanicien et d'un équipier, vient positionner le chaland à couple du Marion DUFRESNE. Des élingues sont déjà à poste et le grutier du bateau

à couple

Légère comme une plume...

mère, descend le palan sur lequel nos trois marins arriment le chaland. Après avoir fait quitté le bord à l'équipage de l'Aventure la manutention peut commencer. Très doucement, avec une infime précaution, le chaland commence à monter lentement. Le MarDuf gîte de plus en plus. C'est 40 tonnes que la grue soulève. Enfin et dès que le pont est dépassé le grutier fait pivoter notre embarcation et la dépose gentiment dans sa position finale. Il aura fallu moins de ¾ d'heure.

Demoiselle à bord.

L'Aventure II est sur le pont, nous sommes tous un peu orphelins, mais nous savons que c'est pour la bonne cause. Du port pétrolier on applaudit, la manœuvre était belle. Patrice L'OPEA, nous promet qu'il prendra soin de la demoiselle qui nous quitte.

Dernière particularité de cette OP, c'est bien sur notre hivernage qui débute vraiment. De 110, puis 90, puis encore 65, ce n'est plus qu'à 45 que nous allons nous retrouver et nous ne reverrons le bateau que dans 5 mois et demi. Les équipes infra et de la cuisine ont été remplacées, les chantiers ont été revus, la sécurité est modifiée, les jours vont diminuer, les températures vont baisser, la neige va arriver, mais ça, c'est une autre histoire, une autre histoire...

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16 mars 2014

Moi le gentil dauphin… (Gérard LENORMAND)

Aymeric

ArméeUne journée comme une autre ici à Port Aux Français, district de KERGUELEN. Les passagers embarquent sur le chaland pour une dépose sur une des îles du golfe du Morbihan ou pour pouvoir accéder aux cabanes du fond du golfe. Tous sont fortement équipés, les sacs à dos sont pleins, on a fait attention de prendre du frais auprès de Francis à la cuisine. Certains ont même les bâtons de marche. Tous sont prêts pour plusieurs jours hors base. Tous ? Non pas tous. Un personnage vert, quelquefois deux embarquent avec un chargement inhabituel. Une arbalète vient compléter l'équipement de ce binôme particulier. Avec cette arme ce sont GPS, appareil photo avec téléobjectif puissant, jumelles, carnets, crayons et vêtements très chauds qui composent le matériel nécessaire à leur mission. Les « hommes verts » sur base sont connus de tous. Ce sont les agents de la Réserve Naturelle et leurs vestes goretex autant que leurs polaires sont d'un vert comparable à celui d'un célèbre personnage vantant les mérites d'un crédit à la consommation.

Famille

Au dessus !

Jumeaux

Guillaume Tell ou Robin des bois du grand sud, ils se préparent à faire une des premières études sur un animal présent seulement dans deux endroits dans le monde, Kerguelen et Heard (Terres australes) et Terre de feu (Amérique du sud), le dauphin de Commerson. De son nom scientifique Cephalorhynchus commersonii, il est issu du groupe des cétacés, plus précisément de la famille des odoncètes. Pouvant atteindre 1,75 mètre pour 80 Kg (un Fred en pleine forme d'après Thomas), il se nourrit de petits poissons, de crustacés et de céphalopodes côtiers. De la même famille que l'orque, cet animal inoffensif pour l'homme, n'a jamais vraiment été étudié. Il ne possède non plus aucun statut de protection déclaré à l'IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Les objectifs de la mission sont donc multiples :Recueil et observations géo-référencés, photos - identifications cataloguées, biopsies, pose d'un hydrophone, vont occuper Thomas (le tireur d'élite), Aymeric ou Frédéric ou Yves (les photographes) pendant des dizaines de sorties à la journée. Le protocole scientifique est simple : faire le maximum de sorties chaland pour avoir le maximum d'informations d'une part, réaliser 15 biopsies d'autre part, enfin mettre en place un hydrophone.

Cicatrices

Empreintes

Remplir la première partie du protocole est assez simple, à chaque sortie des dauphins de Commerson viennent jouer avec le chaland. Les observations : prises de données GPS, photos, permettent d'avoir rapidement une carte suffisamment complète des individus présents sur zone.

CNI

L'identification est étonnante, c'est grâce à leurs tâches sur le dos, unique, leurs ailerons, ou encore leurs cicatrices que l'on va les reconnaître et les répertorier avec des numéros codes (CKB0003). Pour un individu on connaîtra rapidement les endroits où il a été aperçu, pendant combien de temps, s'il était isolé ou en groupe et même si on a de la chance, la date de la biopsie.

Tir

Biopsies

Si on a de la chance parce que les biopsies sont beaucoup plus délicates et beaucoup plus rares. Le tir ne se fait que sous certaines conditions très précises et les réunir toutes peut prendre quelquefois plusieurs sorties. Il n'est pas rare de voir revenir Thomas bredouille. Pour qu'un tir puisse se faire, il faut : repérer l'animal, prendre le point GPS, photographier le dauphin, et enfin l'avoir en surface entre 6 et 10 mètres. À deux c'est compliqué, on peut imaginer la difficulté lorsque Thomas se retrouve tout seul sur le pont du bateau. Malgré toutes ces difficultés et le froid, les Popdauphins ont réussi la mission.

A l'eau.

Hydrophone

Dernier objectif de notre équipe, mettre en place l'hydrophone. Pour cela ils auront l'aide amicale de nos plongeurs qui viendront en quelques plongées, placer le socle de l'appareil à 10 mètres de fond. Muni d'un « acousonde » on pourra écouter les conversations que nos amis les dauphins échangent entre eux. Décidément tout le monde écoute tout le monde, même chez les dauphins de Commerson. Il va de soi que nous vous tiendrons informés de la teneur des discussions que nous allons enregistrer.

Photos et planches tirées du diaporama visionné lors de la conférence de Thomas BITEAU, agent de la réserve naturelle, le 18 février 2014 à Cinéker.

Sous l'eau !

Pour le plaisir des yeux.

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08 mars 2014

Ma cabane au Canada… (Line RENAUD)

Biomar

Ici point d'écureuils sur le seuil, encore moins de bois pour se blottir. Non, rien de tout ça, seulement ce bâtiment, connu surtout des scientifiques et VSC, plus connu ici sous le nom de Biomar. De l’extérieur, c'est une sorte de hangar sans autre cachet, mais dès qu'on y pénètre, on sent le bourdonnement des différents programmes scientifiques qui se sont succédé et qui ont laissé des traces indélébiles. Une pensée pour mon ami Philippe qui lira peut être ce billet et en versera certainement une larme.

France

Aujourd'hui ce sont France et Yves, mes deux hôtes Québécois du jour qui m’accueillent. Les pedigrees scientifiques de ces deux là sont plus longs que la lecture de la bible et du capital à la suite, pour vous dire la pointure et c'est ici qu'ils ont posé leur microscope.

En bon pédagogue ils commencent très fort : « Alors Christian, tu en redemandes ? ». C'est vrai que ce n'est pas la première fois que je viens mais cette fois j'ai pris un stylo, du papier, et mon appareil photo et je compte bien traduire tout ce que je viens d'apprendre de mes nouveaux professeurs.

De quoi parle-t-on ? Et bien de moules... J'en vois certain qui sourient, pourtant rien de plus sérieux et de plus intéressant que ce que je viens de voir.

Yves

Les globules blancs (hémocytes) de la moule (bleue ou striée) présentent des caractéristiques semblables à certains globules blancs présents chez l'être humain, notamment dans ce qu'il est communément habituel d'appeler la phagocytose. La phagocytose étant comme chacun le sait, la capacité à ingérer les bactéries, en un mot : « bouffer les cochonneries qui se baladent dans notre corps ». De plus elles possèdent aussi un gène (le P53), qui comme pour l'homme le protège du mal du siècle (le cancer) et qui comme pour l'homme produit, pour les mêmes causes, les mêmes effets. Dès que ce gène, bouclier contre la maladie dysfonctionne, les moules deviennent leucémiques. C'est le cas aussi pour les êtres humains (Stéphane quant à lui cherche encore la prostate des moules pour savoir si c'est aussi vrai pour ce cancer particulier). On se rend alors mieux compte de l’intérêt d'études sur ce mollusque. On rit moins hein ? Et ce n'est pas fini, on tente maintenant de voir comment réagit ce gène si précieux au changement climatique. On ne rit plus du tout maintenant, ça devient vraiment très sérieux et on parle d’expériences et de recherche scientifique.

Chapitre 2 : L'expérience : Prélèvement d'hémolymphe et analyse.

Ne pensez pas que ça se fasse très facilement, c'est tout une procédure où tout sera mesuré, pesé, précieusement noté archivé, analysé, etc, etc, etc.

Bains chauds

Suivi à la trace

Le préalable, des moules prélevées dans différents endroits du district et plongées dans des bains d'eau de mer à des températures différentes (5°, 7°, 10°, 20°), pendant 28 jours. Premier résultat, les moules striées ne résistent pas au 20°. Elles devront obligatoirement changer d'habitat (plus profond ?) ou sont vouées à disparaître si les températures continuent à augmenter.

Une vingtaine de mollusques sont maintenant choisis, placés dans un rangement numéroté, ils vont

Balance

Calibre à coulisse

subir divers contrôles. La première opération consiste à ôter l'eau de mer à l'aide d'un couteau pointu en écartant légèrement la coquille. Ensuite vient la pesée et le calibrage grâce à un pied à coulisse électronique, entre 10 et 20 grammes pour 30 à 60 mm, pour les moules bleues. Nous n'en sommes qu'au début, la partie délicate arrive ensuite.

L'apprenti.

Le Pro...

Couteau Suisse

Toujours avec le couteau suisse (outil indispensable) pour Yves, mon Leatherman pour moi, nous faisons un petit trou sur le côté de la moule. À l'aide d'une seringue nous pénétrons par cet orifice pour piquer le muscle et prélever (aspirer) l'hémolymphe. J'y arrive, je suis tellement fier, mais Yves prélève le double... l’expérience, rien à dire.

J'y arrive

Mais j'en vois qui ne suivent pas... Hémolymphe : espèce de liquide plus ou moins clair, suivant la densité d'hémocytes, qui remplit les fonctions de « sang » de la moule. On trouve dans ce liquide, les hémocytes dans un environnement composé d'eau, de protéines, molécules et facteurs de croissance, en gros le plasma chez l'homme.

Gentiment déposé dans un tube à essai, on note la quantité (entre 1 et 3 ml pour les bleues et entre 3 et 8 ml pour les striées). L'opération continue par le passage dans le Vortex, sorte de machine qui fait tourbillonner le tube à essai et qui permet de dissocier les hémocytes du liquide environnant. Alors là je me lâche et je vous dis de façon très sérieuse : « Le vortex permet d'obtenir une suspension mono dispersée des hémocytes... ». ça c'est dit !

P20

France compte

On récupère alors les hémocytes et à l'aide d'un « pipetteur 20 microns » (dans les labos c'est : « passe-moi le P20 », c'est plus classe), on mélange le substrat avec du bleu de Trypan. Cette substance colorera uniquement les cellules mortes que nous ne comptabiliserons pas, lors du passage au microscope. Étape ultime, sur le MALASSEZ (lamelle graduée pour microscope) on fait le décompte des globules blancs dans 5 carrés de 5X5 (1 carré représente en volume 1/10000 ml), pris aléatoirement. On ne compte que les cellules isolées. Ça peut aller de quelques unes à plus de cinquante.

Tout est noté

Hémocytes au microscope

J'aurais pu vous parler également de la régénération de cet hémolymphe, de la nécrose ou encore de l'apoptose des cellules, de la multiplication des cellules leucémiques, des spermatozoïdes vus au microscope, mais ce que je préfère et de loin avec les moules ce sont les frites et un verre de vin blanc. Je sais c'est facile, mais qu'est-ce que c'est bon, d'ailleurs j'ai le soutien de la communauté  scientifique : France et Yves sont d'accords avec moi

Pour moi c'est terminé, reste pour mes amis scientifiques toute l'analyse, les conclusions et surtout les nouvelles questions qui se posent. Elles sont aussi nombreuses que les réponses qu'ils ont déjà obtenues et dont ils sont très heureux. Lorsqu'ils en parlent, c'est bien sur le discours qu'il faut écouter, mais aussi leurs yeux qui pétillent qu'il faut voir et comprendre pourquoi l'année prochaine, sera encore plus importante. Les objectifs de début sont plus que dépassés et il faudra revoir à la hausse ceux de la nouvelle mission. Merci France, merci Yves et vive la science et les scientifiques, qui comme eux, prennent le temps nécessaire à expliquer et à vulgariser toutes ces connaissances et compétences, qu'ils maîtrisent parfaitement. 

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02 mars 2014

Fais comme l'oiseau... (Michel FUGAIN) pour l'arrivée de Louison.

La cabane

De chez nous 01

Toilettes confort

De chez nous 02

Mayes, île merveilleuse du golfe du Morbihan, voilà la destination que me proposent les deux nouveaux ornithos du district.

Coin travail

Coin cuisine

Au fond les bannettesPhotos des anciens et coin repas

À peine arrivé je m'installe dans cette cabane où le confort et somme toute spartiate mais suffisant : un coin cuisine avec évier, un coin travail, un coin repas avec sur le mur en bois les photos des anciens de Mayes et 4 bannettes dans le fond. Je jette mon duvet sur la dernière, libre, puis après le repas pris dehors (il fait beau, très beau), nous partons faire le tour de l'île à la recherche de poussins chionis à baguer. Avec Elie et Florian les deux ornithos nous commençons notre approche. J'apprends à faire attention au terrain. L'île est truffée de terriers et un pied posé au mauvais endroit et c'est la destruction du terrier. Quant on sait que les oiseaux sont entrain de nicher, qu'ils reviennent chaque année au même terrier on comprend les précautions qu'il faut prendre. Nous éviterons donc les pentes « HLM » et préférerons le bord de mer. 

Poussin Chionis

Couple Chionis

Ça tombe bien, c'est marée basse et c'est dans ces endroits que niche cette espèce. Très vite nous trouvons des nids, repérés par des marques de peinture mais aussi par la présence de ces oiseaux curieux. Un premier poussin est capturé puis mesuré et bagué. Mon travail consiste à prendre les notes. Tout est écrit, longueur de l'aile, du bec, des pattes, on le pèse même. Grâce aux jumelles et

Tout est noté

Sérieux, ça rigole pas !

aux bons yeux de mes deux ornithos, on lit également le numéro de la bague des parents qui restent à côté du nid. L'opération se déroule très vite quelques minutes à peine avant de relâcher l'oisillon. On visitera d'autres nids et un autre oiseau sera bagué, mais le temps se gâte et nous décidons de rentrer.

L'objectif de notre séjour sur l'île est le contrôle et le baguage. Les oiseaux sont capturés

Du plateau centralExtravagance Mayesienne

 à la tombée de la nuit grâce au filet posé en bas de la colonie. La tempête nous empêche malheureusement toute manipulation avec le filet et pendant près de trois jours nous attendrons que la météo soit avec nous. Neige, vent, grésil c'est le menu de nos journées. On en profite pour traverser l'île par le plateau central, jusqu'à la presqu'île. Des paysages à couper le souffle. Nous sommes dans le fond du golfe avec autour de nous des dizaines

Après le passage d'un Skua

d'ilots. Du plateau central on aperçoit ces bouts de terre et la luminosité rend encore plus belle la vue que nous avons.Les semblants de chemins sont tapissés d'ailes d'oiseaux capturés par le roi de l'île, le skua, prédateur féroce. Quantité négligeable me dit Elie, il y a près de 400 000 oiseaux sur cette île de quelques kilomètres carrés.

On en profite pour continuer la recherche de poussins chionis. Il faut quelquefois escalader les rochers. Nous rentrerons bredouille, mais les nids ont été visités, il faudra revenir le jeune a dû bien se camoufler, il en ri encore paraît-il.

Enfin le BCR nous annonce une accalmie pour le soir. Je n'y croyais plus mais il faut vraiment faire confiance à nos météos. Nous installons nos filets par

Pétrel à menton blanc

Pétrel noir

plus de 40 nœuds de vent, c'est du sport. Nous attendrons que le vent tombe pour les déplier. C'est ce qui se passe comme prévu et à partir de 20h15 les oiseaux commencent à se prendre dans la nasse. Tout va alors très, très vite. Florian et Elie s'occupent des oiseaux, je reste à la cabane et prends les notes dès qu'ils arrivent avec leurs captures. Ce sont des allers retours incessants des filets à la cabane et de la cabane aux filets. Quand ils arrivent je dois être prêt à prendre les

Pétrel à tête blanche

Petrel plongeur commun dit

infromations qu'ils me donnent. Pas plus d'une minute à une minute trente par oiseau, mesures et baguages compris, noter le numéro de filet, si la capture est côté terre ou côté mer, date et heure de capture, l'espèce. Les oiseaux sont de suite relâchés, s'envolent pour la plupart. Les pétrels plongeurs communs préfèrent eux, remonter la pente en se faufilant dans les herbes et autres azorelles ou choux de Kerguelen. Personne ne chôme et les heures défilent sans s'en rendre compte. J'apprends (un peu) à les reconnaître. On attrape, les pétrels plongeurs communs, des océanites de Wilson, des pétrels à tête blanche, deux pétrels à menton blanc, un pétrel noir, des océanites à ventre noir. Certains sont très petits (40 à 50 grammes), d'autres sont impressionnants et belliqueux. Les mains de Florian et d'Elie s'en souviennent. En tout nous aurons capturé 72 oiseaux, mesuré et bagué un bonne cinquantaine en quelques heures seulement.

Flo au boulot

Disker frigorifié mais heureuxIl faudra ensuite reprendre toutes ces données, mais ça c'est une autre histoire. Il est minuit, on plie les filets et on pense à nous. C'est aussi ça la vie des cabanes et des manipeurs. Pendant ces quelques jours j'aurai droit à des pâtes au boucané, champignons des prés (de l'île), tartiflette, du poulet au curry avec du pain maison (Florian devient un spécialiste), tarte aux pommes (la garniture d'Elie est une tuerie).

 

Salut et merci les amis.

A star is born (Elie)

Florian au réveil

Une manip c'est aussi le départ et je laisse mes deux Volontaires du Service Civique en compagnie de Vincent qui vient prendre la relève. Dans quelques jours ils seront sur base et nous pourrons discuter du séjour. Pour l'heure je regagne la résidence et les mails ne se sont pas envolés avec les oiseaux. J'ai du travail, le week-end sera laborieux, mais la semaine a été tellement belle et riche.

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15 février 2014

Un trou dans les nuages... (Beau Dommage)

Base1

Enfin il est là et bien là. Depuis quelques jours la base n'est plus la même. Les tee-shirts, polos, chemisettes, shorts et « savates deux doigts » sont de sortie. Il fait entre 14° et 18° sous abri. On a même noté 24° en plein soleil. C'est la canicule ici !

La mer est d'un calme inhabituel et on pourrait même changer le nom au Golfe du Morbihan qui pourrait devenir le Lac du Morbihan.

Le ciel est d'un bleu azur, le soleil brille et nous apporte cette fameuse vitamine D qui commençait à faire défaut. Après un début d'été difficile avec des vents forts à très forts et des températures basses, que même de mémoires de Réu : « été coma ! Ah jamais ! » (Un été comme ça, on n'a jamais vu !). Mais c'est fini, c'est sur, l'été est arrivé et c'est bien comme ça. Par contre avec un mois et demi de retard il risque d'être court alors on en profite et les travaux d'extérieurs deviennent priorité des priorités.

Ce sont les Réu, les « infras » qui sortent les premiers comme d'habitude. Michel et Serge à Samuker

Mich et serge

thierry

Tristan

qui terminent la rénovation des menuiseries, on coupe, on cisaille, on place et on recommence. Il y a Thierry qui peut enfin remplacer une grosse charnière rouillée qui risque de céder. Tristan le plus jeune qui refait les joints des fenêtres de la résidence avec le sourire.

paul, fab et JP

lillian 

 

 

rené tracto

Un peu plus loin, le reste de la troupe finit le gros chantier de la route 66. René-Fred sur le tractopelle nivelle la terre pour les accotements que Fabrice tassera avec sa machine, Lillian qui nettoie le chantier aidé de Jean-Pierre et Paul près du camion. Tout le monde s'active parce qu'on sait bien que les beaux jours sont comptés et qu'ils peuvent se terminer aussi vite qu'ils ont commencé.

 

Claudine

Sur base, on aperçoit même Claudine notre « petite Marie » qui lave le perron de son bâtiment.  C'est agréable de pouvoir travailler dans ces conditions, avec au loin la vue sur le mont ROSS.

ross

Nos infras ne sont pas les seuls à se réjouir de ce beau temps. Les scientifiques ne sont pas en reste. Sur le terrain les conditions sont tellement bonnes que c'est un réel plaisir que de se trouver en cabane. La vie y est tellement plus facile et le travail se réalise beaucoup plus facilement.

 

france yves

À Biomar, dans le bâtiment destiné aux scientifiques, ceux qui sont sur base savourent également cette belle journée. France et Yves, nos deux Canadiens de la merveilleuse province du Québec après m'avoir raconté leur bonheur d'avoir appris tant de choses grâce à leur passage ici : « Il n'y a qu'ici que l'on peut réaliser ces expériences avec un retour et des corrections immédiates. On a appris beaucoup, on a découvert aussi et on a d'autres questions qui surgissent et qui ouvrent de nouvelles pistes. » me disent encore : « quand en plus on travaille avec la fenêtre ouverte en regardant la mer et en entendant le ressac, ce n'est plus un travail, c'est un jeu. » Avec l'accent Québécois, c'est un vrai plaisir à entendre et ces deux là vont me voir plus souvent, c'est sur et certain !

 

 

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