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Monsieur Fillod, Ferdinand de son petit nom est né dans le Jura (Saint Amour) en 1891. Cet ingénieux chaudronnier, pour palier au manque de logements d'après guerre (14/18), se lance dans la construction métallique. Ce matériau étant abondant dans la région, il l'exploite intelligemment et ouvre des perspectives innovantes par des nouvelles techniques de construction. Il ira jusqu'à construire plus d'un million de mètres carrés de salles de classes, répondant ainsi à l'appel d'offre de l'Education Nationale pour répondre à la pénurie d'établissements scolaires et à l'accroissement important des effectifs. Son usine qui comptera jusqu'à 900 employés, fermera ses portes seulement en 1986, soit 30 ans après sa mort.

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Ici, à KERGUELEN, dès qu'on en parle on voit très bien de quoi il s'agit. Elles sont là depuis plusieurs dizaines d'années, ont rendu des tonnes de services. Les Fillods font partie du paysage. Fillod, peut être un mot qui ne vous dit rien. Pourtant on en a tous vu. Des espèces de baraques de chantiers en acier, qui pouvaient se monter en quelques jours. Elles étaient modulables et leurs tailles pouvaient s'ajuster à l'utilisation souhaitée. Alors bien sur, les TAAF ont bien compris l'intérêt de tels bâtiments et les districts ont été équipés très rapidement. À Port Aux Français, il en reste une dizaine, plus ou moins bien conservées. L'acier tient encore moins longtemps ici, qu'ailleurs.

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Ces constructions ont servi à tout. Bâtiments de vie, laboratoires, lieux de stockage, ateliers. Leur modularité et leur facilité de construction permettaient de régler les problèmes de logements rapidement et à moindre frais.

Aujourd'hui, elles sont toutes endommagées par le temps, la pluie le vent, la neige. La rouille, ennemi de l'acier, a accompli son œuvre et il est temps de les démanteler et de passer à d'autres constructions avec des matériaux et des techniques plus récents.

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La plupart des plaques sont percées, les longerons sont rouillés jusqu'au cœur. Le toit ressemble à de la dentelle. Il est temps de faire quelque chose.

C'est un des grands défis de la mission 64. Les Fillods qui ne servent plus doivent être détruites. Les déchets doivent être rapatriés.

Une équipe est dédiée à ce travail. Ce travail consiste à meuler les attaches des plaques puis démonter une à une les plaques. Elles sont au nombre de sept entre chaque longeron : Deux cotés, inclinés, deux pentes pour le toit, deux plaques courbées reliant le côté à la pente du toit et enfin la dernière le chapeau tout en haut de l'édifice.

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Une fois les attaches meulées, c'est un vrai légo. Les Fillods se démontent aussi facilement qu'elles se montent. Il faudra encore couper les longerons. Ils serviront ensuite pour faire des fagots de tôles, entreposés au hall transit et qui attendront patiemment l'OP2. Ils seront enfin dégagés vers LA REUNION, destination finale.

Une grosse semaine aura suffit à nos deux compagnons pour achever la première Fillod. Démontage, stockage des déchets, nettoyage, il ne reste plus que la dalle béton à l'emplacement de l'ancienne salle de sport.

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Les anciens passent devant et se rappellent les heures de musculation ou de vélo d'appartement passées dans cette salle. Pas de problème, la nouvelle salle de sport est bien plus belle et bien mieux équipée. C'est une autre époque qui commence.

Demain on attaque la B6, certains se souviendront des travaux effectués dans ce bâtiment. On espère que la météo nous laissera encore une ou deux semaines de répit pour terminer ce chantier, puis ce sera à la nouvelle mission de continuer ce démantèlement. Il faudra plusieurs années pour tout nettoyer et clore définitivement le dossier Fillod. D'autres défis seront alors à relever, c'est sur.

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