La cabane

De chez nous 01

Toilettes confort

De chez nous 02

Mayes, île merveilleuse du golfe du Morbihan, voilà la destination que me proposent les deux nouveaux ornithos du district.

Coin travail

Coin cuisine

Au fond les bannettesPhotos des anciens et coin repas

À peine arrivé je m'installe dans cette cabane où le confort et somme toute spartiate mais suffisant : un coin cuisine avec évier, un coin travail, un coin repas avec sur le mur en bois les photos des anciens de Mayes et 4 bannettes dans le fond. Je jette mon duvet sur la dernière, libre, puis après le repas pris dehors (il fait beau, très beau), nous partons faire le tour de l'île à la recherche de poussins chionis à baguer. Avec Elie et Florian les deux ornithos nous commençons notre approche. J'apprends à faire attention au terrain. L'île est truffée de terriers et un pied posé au mauvais endroit et c'est la destruction du terrier. Quant on sait que les oiseaux sont entrain de nicher, qu'ils reviennent chaque année au même terrier on comprend les précautions qu'il faut prendre. Nous éviterons donc les pentes « HLM » et préférerons le bord de mer. 

Poussin Chionis

Couple Chionis

Ça tombe bien, c'est marée basse et c'est dans ces endroits que niche cette espèce. Très vite nous trouvons des nids, repérés par des marques de peinture mais aussi par la présence de ces oiseaux curieux. Un premier poussin est capturé puis mesuré et bagué. Mon travail consiste à prendre les notes. Tout est écrit, longueur de l'aile, du bec, des pattes, on le pèse même. Grâce aux jumelles et

Tout est noté

Sérieux, ça rigole pas !

aux bons yeux de mes deux ornithos, on lit également le numéro de la bague des parents qui restent à côté du nid. L'opération se déroule très vite quelques minutes à peine avant de relâcher l'oisillon. On visitera d'autres nids et un autre oiseau sera bagué, mais le temps se gâte et nous décidons de rentrer.

L'objectif de notre séjour sur l'île est le contrôle et le baguage. Les oiseaux sont capturés

Du plateau centralExtravagance Mayesienne

 à la tombée de la nuit grâce au filet posé en bas de la colonie. La tempête nous empêche malheureusement toute manipulation avec le filet et pendant près de trois jours nous attendrons que la météo soit avec nous. Neige, vent, grésil c'est le menu de nos journées. On en profite pour traverser l'île par le plateau central, jusqu'à la presqu'île. Des paysages à couper le souffle. Nous sommes dans le fond du golfe avec autour de nous des dizaines

Après le passage d'un Skua

d'ilots. Du plateau central on aperçoit ces bouts de terre et la luminosité rend encore plus belle la vue que nous avons.Les semblants de chemins sont tapissés d'ailes d'oiseaux capturés par le roi de l'île, le skua, prédateur féroce. Quantité négligeable me dit Elie, il y a près de 400 000 oiseaux sur cette île de quelques kilomètres carrés.

On en profite pour continuer la recherche de poussins chionis. Il faut quelquefois escalader les rochers. Nous rentrerons bredouille, mais les nids ont été visités, il faudra revenir le jeune a dû bien se camoufler, il en ri encore paraît-il.

Enfin le BCR nous annonce une accalmie pour le soir. Je n'y croyais plus mais il faut vraiment faire confiance à nos météos. Nous installons nos filets par

Pétrel à menton blanc

Pétrel noir

plus de 40 nœuds de vent, c'est du sport. Nous attendrons que le vent tombe pour les déplier. C'est ce qui se passe comme prévu et à partir de 20h15 les oiseaux commencent à se prendre dans la nasse. Tout va alors très, très vite. Florian et Elie s'occupent des oiseaux, je reste à la cabane et prends les notes dès qu'ils arrivent avec leurs captures. Ce sont des allers retours incessants des filets à la cabane et de la cabane aux filets. Quand ils arrivent je dois être prêt à prendre les

Pétrel à tête blanche

Petrel plongeur commun dit

infromations qu'ils me donnent. Pas plus d'une minute à une minute trente par oiseau, mesures et baguages compris, noter le numéro de filet, si la capture est côté terre ou côté mer, date et heure de capture, l'espèce. Les oiseaux sont de suite relâchés, s'envolent pour la plupart. Les pétrels plongeurs communs préfèrent eux, remonter la pente en se faufilant dans les herbes et autres azorelles ou choux de Kerguelen. Personne ne chôme et les heures défilent sans s'en rendre compte. J'apprends (un peu) à les reconnaître. On attrape, les pétrels plongeurs communs, des océanites de Wilson, des pétrels à tête blanche, deux pétrels à menton blanc, un pétrel noir, des océanites à ventre noir. Certains sont très petits (40 à 50 grammes), d'autres sont impressionnants et belliqueux. Les mains de Florian et d'Elie s'en souviennent. En tout nous aurons capturé 72 oiseaux, mesuré et bagué un bonne cinquantaine en quelques heures seulement.

Flo au boulot

Disker frigorifié mais heureuxIl faudra ensuite reprendre toutes ces données, mais ça c'est une autre histoire. Il est minuit, on plie les filets et on pense à nous. C'est aussi ça la vie des cabanes et des manipeurs. Pendant ces quelques jours j'aurai droit à des pâtes au boucané, champignons des prés (de l'île), tartiflette, du poulet au curry avec du pain maison (Florian devient un spécialiste), tarte aux pommes (la garniture d'Elie est une tuerie).

 

Salut et merci les amis.

A star is born (Elie)

Florian au réveil

Une manip c'est aussi le départ et je laisse mes deux Volontaires du Service Civique en compagnie de Vincent qui vient prendre la relève. Dans quelques jours ils seront sur base et nous pourrons discuter du séjour. Pour l'heure je regagne la résidence et les mails ne se sont pas envolés avec les oiseaux. J'ai du travail, le week-end sera laborieux, mais la semaine a été tellement belle et riche.