Ensemble. Mission 64

Un signe

Base propre

Un éternel recommencement, avec les mêmes agitations, les mêmes interrogations, avec aussi plus d'expérience et de sérénité dans la préparation. On « sait faire » maintenant. Ce sera notre quatrième OP si on compte celle de fin de campagne d'été (OP0).

Rangement

Balais d'enginsLes NIM (Numéro d'Immatriculation Matériel) ou encore demande d'export de matériels ont été envoyés. Les manifestes, listings, des opérations portuaires et de l'hélicoptère sont rédigés. Le Marion DUFRESNE vient de pointer son nez dans la Passe Royale à l'entrée du golfe du Morbihan. Il est midi, l'OP1 débute. L'OPEA est un habitué des rotations. C'est lui qui, du bateau, va gérer l'ensemble

Retour à l'envoyeur

des opérations. Sur base nous allons tous essayer de nous adapter aux demandes et notre réactivité sera le gage d'une OP réussie. Des tonnes de vivres d'abord et de matériels vont descendre du bateau. Le chaland fera une bonne partie du transfert déchargeant les cales pour les remplir de containers et autre big- bags rentrant à LA REUNION. L'hélicoptère, plus rapide, permettra de descendre les charges moins lourdes, notamment les frais tant attendu par les hivernants.

Ici DZ, j'écoute...

Cette fois le Préfet est présent. C'est lui qui prend le premier hélicoptère et comme d'habitude il accompagne la dépêche postale que nous attendons également. Peut-être une lettre, un colis, on regarde tous Alain notre GP, qui va trier les sacs et nous donner la bonne nouvelle. Puis ce sont les infras et l'équipe de cuisine qui suivent rapidement. Pour cette première demi journée on les accueille et ils prennent le temps de retrouver leurs repères, mais dès demain matin ils seront au travail. Pour la plupart pas de souci, ils connaissent le territoire et les différents lieux de la base. Il y aussi les scientifiques et les inter-districts que nous inviterons sur base. En tout 45 passagers viendront partager notre quotidien pendant les trois jours qui suivent. En rajoutant nos campagnards et hivernants nous nous retrouvons à 110 sur base. Le Marion nous délivrera quand à lui un peu plus de 500 m3 de gasoil, afin d'alimenter la base et quelques bateaux de pêche.

Discours

Merci l'ami...

Cette OP est particulière et même très particulière d'abord c'est le départ en retraite de Francis le chef cuisine. Après 19 missions dans les terres australes, il tire sa révérence avec l'humilité et la gentillesse qui le caractérisent. On ne va pas le laisser partir comme ça, alors, après le discours du Préfet, on lui fait sa fête et on lui remplit les bras de cadeaux. Un ordinateur portable pour remplacer celui qui vient de lâcher et puis un manteau bien chaud avec évidement les logos de la mission et sur le bras les coordonnées GPS de Port Aux Français. Il partira par le dernier hélicoptère et le pilote lui fera faire une ultime survol de la base, avant de venir nous dire au revoir. Salut l'ami, bon vent, belle mer à toi Francis et donne des nouvelles !

Grand pavois

Ce départ n'est pas le seul. Le chaland, notre Aventure II nous quitte également et pas n'importe comment. Le bateau va être hissé sur le pont du Marion DUFRESNE. Il reviendra dans 5 mois après l'arrêt technique indispensable à son entretien. La manœuvre est connue mais la voir est rare. C'est tous les 5 ans quelle se produit. Le bosco aidé de son mécanicien et d'un équipier, vient positionner le chaland à couple du Marion DUFRESNE. Des élingues sont déjà à poste et le grutier du bateau

à couple

Légère comme une plume...

mère, descend le palan sur lequel nos trois marins arriment le chaland. Après avoir fait quitté le bord à l'équipage de l'Aventure la manutention peut commencer. Très doucement, avec une infime précaution, le chaland commence à monter lentement. Le MarDuf gîte de plus en plus. C'est 40 tonnes que la grue soulève. Enfin et dès que le pont est dépassé le grutier fait pivoter notre embarcation et la dépose gentiment dans sa position finale. Il aura fallu moins de ¾ d'heure.

Demoiselle à bord.

L'Aventure II est sur le pont, nous sommes tous un peu orphelins, mais nous savons que c'est pour la bonne cause. Du port pétrolier on applaudit, la manœuvre était belle. Patrice L'OPEA, nous promet qu'il prendra soin de la demoiselle qui nous quitte.

Dernière particularité de cette OP, c'est bien sur notre hivernage qui débute vraiment. De 110, puis 90, puis encore 65, ce n'est plus qu'à 45 que nous allons nous retrouver et nous ne reverrons le bateau que dans 5 mois et demi. Les équipes infra et de la cuisine ont été remplacées, les chantiers ont été revus, la sécurité est modifiée, les jours vont diminuer, les températures vont baisser, la neige va arriver, mais ça, c'est une autre histoire, une autre histoire...