Aymeric

ArméeUne journée comme une autre ici à Port Aux Français, district de KERGUELEN. Les passagers embarquent sur le chaland pour une dépose sur une des îles du golfe du Morbihan ou pour pouvoir accéder aux cabanes du fond du golfe. Tous sont fortement équipés, les sacs à dos sont pleins, on a fait attention de prendre du frais auprès de Francis à la cuisine. Certains ont même les bâtons de marche. Tous sont prêts pour plusieurs jours hors base. Tous ? Non pas tous. Un personnage vert, quelquefois deux embarquent avec un chargement inhabituel. Une arbalète vient compléter l'équipement de ce binôme particulier. Avec cette arme ce sont GPS, appareil photo avec téléobjectif puissant, jumelles, carnets, crayons et vêtements très chauds qui composent le matériel nécessaire à leur mission. Les « hommes verts » sur base sont connus de tous. Ce sont les agents de la Réserve Naturelle et leurs vestes goretex autant que leurs polaires sont d'un vert comparable à celui d'un célèbre personnage vantant les mérites d'un crédit à la consommation.

Famille

Au dessus !

Jumeaux

Guillaume Tell ou Robin des bois du grand sud, ils se préparent à faire une des premières études sur un animal présent seulement dans deux endroits dans le monde, Kerguelen et Heard (Terres australes) et Terre de feu (Amérique du sud), le dauphin de Commerson. De son nom scientifique Cephalorhynchus commersonii, il est issu du groupe des cétacés, plus précisément de la famille des odoncètes. Pouvant atteindre 1,75 mètre pour 80 Kg (un Fred en pleine forme d'après Thomas), il se nourrit de petits poissons, de crustacés et de céphalopodes côtiers. De la même famille que l'orque, cet animal inoffensif pour l'homme, n'a jamais vraiment été étudié. Il ne possède non plus aucun statut de protection déclaré à l'IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Les objectifs de la mission sont donc multiples :Recueil et observations géo-référencés, photos - identifications cataloguées, biopsies, pose d'un hydrophone, vont occuper Thomas (le tireur d'élite), Aymeric ou Frédéric ou Yves (les photographes) pendant des dizaines de sorties à la journée. Le protocole scientifique est simple : faire le maximum de sorties chaland pour avoir le maximum d'informations d'une part, réaliser 15 biopsies d'autre part, enfin mettre en place un hydrophone.

Cicatrices

Empreintes

Remplir la première partie du protocole est assez simple, à chaque sortie des dauphins de Commerson viennent jouer avec le chaland. Les observations : prises de données GPS, photos, permettent d'avoir rapidement une carte suffisamment complète des individus présents sur zone.

CNI

L'identification est étonnante, c'est grâce à leurs tâches sur le dos, unique, leurs ailerons, ou encore leurs cicatrices que l'on va les reconnaître et les répertorier avec des numéros codes (CKB0003). Pour un individu on connaîtra rapidement les endroits où il a été aperçu, pendant combien de temps, s'il était isolé ou en groupe et même si on a de la chance, la date de la biopsie.

Tir

Biopsies

Si on a de la chance parce que les biopsies sont beaucoup plus délicates et beaucoup plus rares. Le tir ne se fait que sous certaines conditions très précises et les réunir toutes peut prendre quelquefois plusieurs sorties. Il n'est pas rare de voir revenir Thomas bredouille. Pour qu'un tir puisse se faire, il faut : repérer l'animal, prendre le point GPS, photographier le dauphin, et enfin l'avoir en surface entre 6 et 10 mètres. À deux c'est compliqué, on peut imaginer la difficulté lorsque Thomas se retrouve tout seul sur le pont du bateau. Malgré toutes ces difficultés et le froid, les Popdauphins ont réussi la mission.

A l'eau.

Hydrophone

Dernier objectif de notre équipe, mettre en place l'hydrophone. Pour cela ils auront l'aide amicale de nos plongeurs qui viendront en quelques plongées, placer le socle de l'appareil à 10 mètres de fond. Muni d'un « acousonde » on pourra écouter les conversations que nos amis les dauphins échangent entre eux. Décidément tout le monde écoute tout le monde, même chez les dauphins de Commerson. Il va de soi que nous vous tiendrons informés de la teneur des discussions que nous allons enregistrer.

Photos et planches tirées du diaporama visionné lors de la conférence de Thomas BITEAU, agent de la réserve naturelle, le 18 février 2014 à Cinéker.

Sous l'eau !

Pour le plaisir des yeux.